Rendement ou croissance du dividende ?

Généralement lorsquon parle à un investisseur de dividendes, celui-ci se focalise sur le rendement. Pour cette raison la stratégie des Dogs of the Dow, inventée par laméricain Michael OHiggins, courtier en valeurs mobilières, a connu un fort succès et même relativement bien résisté au cours des dernières décennies. Le problème de cette stratégie est quelle ne vous assure pas un revenu constant. Les actions à dividendes élevés affichent en effet généralement de bénéfices médiocres qui ne leur permet pas de maintenir leur dividende. Fonder ses décisions dinvestissement sur le rendement seul est donc un jeu dangereux. Un rendement anormalement élevé signifie simplement que le dividende nest pas soutenable et quil va être coupé en faisant glisser le cours de laction avec lui. Pensons par exemple à General Motors

Tous les auteurs ne sont par ailleurs pas d’accords sur la rentabilité réelle de cette stratégie, certains avançant des chiffres moins élevés et d’autres qu’elle repose sur une anomalie passée du marché qui ne se reproduira plus dans l’avenir.

Pour ces différentes raisons, beaucoup dinvestisseurs ont voulu aller au-delà des Dogs of the Dow et ont commencé à s’intéresser aussi à la qualité de la société qui verse le dividende, ainsi qu’à la croissance et lhistorique des distributions offertes. Les aristocrates de dividendes ont ainsi fait croître leurs distributions durant au moins 25 années consécutives. Certains de ces titres sont souvent injustement ignorés par les investisseurs parce quils affichent un faible rendement. Pourtant ils font progresser de manière régulière et significative leur dividende à travers le temps.

Bien que le rendement dachat initial peut être plus faible, cest une très bonne stratégie pour les investisseurs buy & hold car elle les récompense sur la durée, grâce à la magie des intérêts composés. Une entreprise qui offre un rendement moyen, mais qui compte un historique de croissance ininterrompu des distributions, mérite qu’on lui accorde plus d’attention.

Prenons par exemple deux sociétés fictives, Gaz-Superdividende SA (GSD) et Pharma-Dividendecroissant SA (PDC). GSD offre un dividende actuel de 6 dollar pour un cours de 100 dollar. PDC, qui se négocie au même prix, offre un dividende de seulement 3 USD, soit un rendement deux fois moins élevé. GSD n’augmente jamais ses distributions car elle utilise déjà presque tout son bénéfice pour le paiement du dividende et parce que la société affiche un rythme de croissance léthargique. Au contraire, PDC augmente ses distributions sur un rythme soutenu de 15% par an. Elle peut se le permettre car son bénéfice couvre très largement le paiement des dividendes et de plus elle affiche un rythme de croissance très intéressant. Après seulement cinq ans, le dividende de PDC aura rattrapé celui de GSD, après dix ans, il l’aura doublé, après 13 ans, il l’aura triplé, après 15 ans, il l’aura quadruplé… On le voit, la magie des intérêts composés est discrète durant les premières années, mais plus on conserve le titre, plus elle opère !